Forum de Paris Casablanca Round : le lien social pour mieux construire l’après-crise

L’Economiste, le 3 février 2011

Un constat confronté par les tendances au niveau mondial sur les risques de délitement du lien social et de la cohésion sociale. En effet, selon l’expert, l’on assiste à un processus irréversible d’autonomisation et d’individualisation, ainsi qu’un retour notable à la spiritualité, avec la coexistence entre les phénomènes de l’islamisation et de la sécularisation, essentiellement dans les pays à référence islamique. Un constat concomitant à un phénomène de virtualisation accrue des relations sociales, via Internet par exemple, lequel peut avoir des effets importants sur la jeunesse. Il y a également une tendance à l’homogénéisation des modes de vie, assortie d’une protection des Etats à travers des politiques de différenciation. Autre constat à l’échelle mondiale, la modernisation des moyens de protestation. « Les citoyens sont passés d’une culture d’émeutes à une culture de manifestation, organisée de plus en plus par la société civile », précise Mouline. Le renforcement du lien social est devenu un levier pour sécuriser la croissance. Mais d’abord comment définir ce concept ? Selon le chercheur, c’est une notion diffuse et donc difficile à appréhender car elle ne se prête pas à une conceptualisation exhaustive. Toutefois, l’on pourrait l’assimiler à un ensemble de règles, de normes, de valeurs… Le lien social peut concerner des individus, mais aussi des groupes, liés par l’histoire, l’identité, l’espace… Il suppose des relations de confiance et de solidarité. De plus, c’est un levier qui conditionne la cohésion sociopolitique et donc la performance économique.