Lien social

Le programme d’études "Lien social : quel rôle pour l’Etat et pour l’ensemble des acteurs politiques et sociaux ?" a pour objet d’interroger les zones majeures de transformation du lien social dans leur relation avec les processus transitionnels de la société marocaine. Il vise, également, à comprendre l’évolution des relations entre les individus, à analyser leur impact sur la cohésion sociale et à proposer des politiques publiques appropriées.

La connaissance la plus précise possible de l’état du lien social au Maroc est une question d’importance stratégique, au regard des difficultés palpables qui affectent le vivre ensemble, sous l’effet des évolutions politiques, économiques, sociales et culturelles, nationales et internationales. Les grandes transformations des rapports sociaux qui en découlent ont contribué à un changement des formes de solidarité, des liens entre les citoyens marocains et entre ceux-ci et l’Etat.

Face aux solidarités traditionnelles, on assiste, aujourd’hui, à de nouvelles formes de solidarités qui se manifestent à travers les actions d’une société civile dynamique. La famille, malgré les changements qui la traversent, continue d’être une valeur-refuge et un cadre de protection et de solidarité pour les individus. Ces éléments, tout aussi bien que l’appartenance à la religion, à la marocanité et à sa culture, sont des marqueurs de la persistance d’un lien social vivace et actif. Toutefois, l’émergence de certains phénomènes peuvent témoigner d’un dysfonctionnement sociétal et d’un relâchement et, parfois même, d’une fracture du lien social, tels les tensions identitaires et les crispations religieuses, les incivilités, les fraudes, la violence, la corruption ou les mouvements sociaux de contestation.

Comprendre et espérer agir sur l’évolution du lien social en vue de sa consolidation requièrent un travail de questionnement profond qui va au-delà des faits et des épiphénomènes relevés. Ce travail est stratégiquement articulé avec les problématiques –aussi larges qu’interdépendantes- auxquelles notre pays doit faire face. La réalisation du programme d’études a été entamée en 2009, selon une démarche méthodologique, comprenant les étapes suivantes :

- Un état de la recherche au niveau international et national sur les différentes dimensions du lien social dont on peut citer, notamment, la famille, les valeurs, les identités collectives, la jeunesse, les solidarités communautaires et la participation politique ;

- Deux études sur le thème de la jeunesse : une étude-enquête (Jeunes et participation politique au Maroc) et une étude comparative (Jeunes et politiques de jeunesse au Maroc et dans le monde : Etat des lieux et perspectives) ;

- Six études qualitatives autour de thématiques jugées essentielles pour la compréhension du lien social au Maroc : le degré de confiance dans les institutions, les inégalités, les tensions identitaires et culturelles, les crispations religieuses, la corruption et les nouveaux mouvements sociaux de contestation ;

- Une analyse de la perception qu’ont les marocains du lien social ;

- Un rapport général et une note d’orientation stratégique.

Pour la mise en œuvre de ce programme d’études, les groupes de travail suivants ont été constitués :

Groupe de pilotage scientifique :

- Mme Rahma BOURQIA, sociologue, présidente de l’Université Hassan II, Mohammédia ;

- M. Mohamed CHERKAOUI, sociologue, directeur de recherche, CNRS, France ;

- M. Hassan RACHIK, anthropologue, professeur, Université Hassan II, Casablanca ;

- M. Mohamed TOZY, politologue, professeur, Université Hassan II, Casablanca.

Comité interne de suivi :

- M. Mohammed Othmane BENJELLOUN, politologue, chercheur principal à l’IRES ;

- M. Mokhtar EL HARRAS, professeur, Université Mohammed V, Rabat-Agdal, chercheur associé de l’IRES ;

- M. Kamal MELLAKH, sociologue, professeur à l’Université Hassan II, Mohammédia, chercheur associé de l’IRES.

Universitaires et consultants scientifiques :

- Degré de confiance dans les institutions : Mme Nadia BERNOUSSI et M. Abderrahim EL MASLOUHI, professeurs à l’Université Mohammed V, Rabat-Agdal ;

- Inégalités et cohésion sociale : M. Noureddine EL AOUFI, professeur à l’Université Mohammed V, Rabat-Agdal avec la participation de MM. Tarik AMRANI et Jawad EL OTHMANI de Bank Al Maghrib et de Said HANCHANE de l’Instance Evaluation du Conseil Supérieur de l’Enseignement ;

- Crispations identitaires et culturelles : M. Said BENNIS, professeur à l’Université Mohammed V, Rabat-Agdal ;

- Crispations religieuses : MM. Mohamed EL AYADI, professeur à l’Université Hassan II, Casablanca et Abdallah RAMI de la même université ;

- Corruption et lien social : Groupe de travail de Transparency Maroc, piloté par M. Azzeddine AKESBI, professeur à l’Institut National Agronomique et Vétérinaire et composé de Mme Michèle ZIRARI et de MM. Rachid FILALI MEKNASSI, Kamal MESBAHI, Abdelatif NGADI ;

- Nouveaux mouvements sociaux de contestation : M. Abderrahim RACHIK de la Fondation du Roi Abdul Aziz Al Saoud pour les Etudes Islamiques et les Sciences Sociales ;

- Jeunes et politiques publiques de jeunesse : MM. Mohamed Noureddine AFFAYA et Driss GUERRAOUI de l’Association de Recherche en Communication Intellectuelle ;

- Jeunes et participation politique au Maroc : Mme Saloua ZERHOUNI, professeur à l’Université Mohammed V, Rabat- Souissi.