Institut Royal des Etudes Stratégiques
Lien social

La connaissance la plus précise possible de l’état du lien social au Maroc est une question d’importance stratégique, au regard des difficultés palpables qui affectent le vivre-ensemble, sous l’effet des évolutions politiques, économiques, sociales et culturelles, tant sur le plan national qu'international. Les grandes transformations des rapports sociaux, qui en découlent, ont contribué à un changement des formes de solidarité, des liens entre les citoyens marocains et entre ceux-ci et l’Etat.

Partant de ce constat, l’IRES a entamé en 2009 le programme d’études "Lien social : quel rôle pour l’Etat et l’ensemble des acteurs sociaux ?" qui avait initialement pour objet d’interroger les zones majeures de transformation du lien social en rapport avec les processus transitionnels de la société marocaine, de dresser une cartographie des espaces sociaux les plus touchés par l’affaiblissement du lien social, de mieux appréhender les signes de relâchement constatés et surtout de définir de nouveaux modes de régulation et de renforcement du vivre-ensemble. Ce programme visait, également, à comprendre l’évolution des relations entre les individus, à analyser leur impact sur la cohésion sociale et à proposer des politiques publiques appropriées.

La réalisation de ce programme d’études par l’IRES s’est faite en trois phases et a connu, à fin  2015, la finalisation de quatre études complémentaires.

La phase qualitative (2008-2010) a consisté en un état de la recherche bibliographique au niveau national et international et en l’examen de plusieurs  questions relatives, notamment, à la confiance institutionnelle et interpersonnelle, à la cohésion sociale, aux tensions identitaires et culturelles, aux crispations religieuses, à la jeunesse, aux nouveaux mouvements sociaux de contestation …

Les conclusions de cette première phase qualitative sont consignées dans un rapport de synthèse, structuré autour de trois problématiques : le changement des valeurs et les recompositions du lien social, les difficultés du vivre-ensemble et le rôle de l'Etat et des acteurs sociaux dans le maintien du lien social et de l’équilibre sociopolitique ainsi que les questions relatives aux rapports des individus entre eux et entre l’Etat et les citoyens.

La phase quantitative (2011-2012) s’est traduite par la réalisation d'une enquête nationale sur le lien social, portant sur un échantillon représentatif de plus de 5.000 personnes. Cette enquête de terrain, qui a concerné toutes les régions du Royaume, a été menée en mai et juin 2011. Elle a nécessité la mobilisation d’une équipe de 60 enquêteurs, pour la plupart des doctorants, dans différentes disciplines des sciences humaines et sociales et a généré une masse très importante d’informations utiles à la connaissance de la société marocaine.

Première de son genre au Maroc, l’enquête nationale sur le lien social a fait l'objet d'un rapport et d'un atlas graphique. Elle a fourni des éclairages pertinents sur le lien familial, le lien d’amitié, le lien de voisinage, le lien de travail, le lien politique et civique, les solidarités, les identités collectives et la marocanité, le vivre-ensemble et la citoyenneté ainsi que sur les domaines sociaux de la confiance/défiance.

La phase stratégique (2012) s’est achevée par un rapport stratégique de synthèse, récapitulant l’ensemble des connaissances accumulées tout au long du programme d'études sur le lien social et formulant quelques propositions de politiques publiques, à même de restaurer la confiance dans les institutions, de renforcer la solidarité économique, sociale, spatiale et générationnelle, de valoriser l'identité plurielle, tout en favorisant le développement de la recherche en sciences sociales.

Outre la réalisation des trois phases susmentionnées du programme d’études “Lien social”, l’IRES a mené, entre 2012 et 2015, des études complémentaires : “Les aspects culturels de la régionalisation”, “La confiance, les politiques publiques et les demandes sociales”, “Le mouvement chiite au Maroc : évolution et tendances” et “Les inégalités et la cohésion sociale au Maroc : enjeux et orientations de politiques publiques”.

Dernière mise à jour : 18-02-2016

Dans le cadre de l’analyse des questions nationales, l’IRES a finalisé, en juin 2014, l’étude intitulée “L’opérationnalisation de la Constitution : quels impacts sur la gouvernance des politiques publiques ?”. Cette étude a mis en exergue le contexte stratégique du processus d’opérationnalisation de la Constitution, à la lumière des projections démocratiques et des enjeux politiques et économiques qui accompagnent ce  chantier structurant.

Elle s’est attelée à comprendre comment les nouveaux modes définis par la Constitution, en matière de politiques publiques, pourraient-ils participer à la mise en place d’une bonne gouvernance au Maroc ? L’étude de l’IRES a investi, également, trois chantiers législatifs structurants : les nouvelles prérogatives constitutionnelles de la société civile, le bilinguisme officiel et la réforme du système judiciaire.

A fin 2015, 3 rapports stratégiques et 21 études thématiques ont été réalisées dans le cadre du programme d’études “Lien social”, ayant nécessité la mobilisation de plus d’une trentaine de chercheurs associés et d’une soixantaine de doctorants ainsi que l’organisation de  37 séminaires, auxquels ont pris part des personnalités marocaines, des acteurs publics et privés, des experts universitaires et des représentants de la société civile.