Institut Royal des Etudes Stratégiques
Capital immatériel

Au niveau international, un intérêt croissant est porté à la mesure du capital immatériel, qui tire sa justification du fait que les économies sont de plus en plus immatérielles.

Sur le plan national, Sa Majesté Le Roi Mohammed VI a demandé lors du Discours du Trône du 30 juillet 2014, à ce qu’une évaluation globale des réalisations menées par le Maroc, au cours des quinze dernières années, soit conduite en utilisant le concept du capital immatériel. Par cette Initiative Royale, le Maroc figure parmi les premiers pays qui ont fait le choix volontaire et délibéré de conduire une évaluation de leur richesse globale et immatérielle et de disposer de nouveaux outils pour piloter leurs politiques publiques.

Le capital immatériel constitue, en effet, un concept novateur. Complexe, ce concept n'est pas aisé à cerner, de par sa portée multidimensionnelle et la difficulté de sa mesure, à partir des données des systèmes de comptabilité traditionnels. Il a été introduit d'abord dans le domaine de l'entreprise ; ensuite, à l'échelle des pays grâce aux rapports élaborés par la Banque Mondiale et l'OCDE.

L’approche basée sur le concept du capital immatériel a le mérite d’offrir un cadre d’évaluation cohérent des politiques publiques, permettant de comprendre la dynamique de création de la richesse nationale, d’en identifier les ressorts internes et externes et d’optimiser, par ricochet, le processus de conception et de mise en œuvre des réformes et des programmes publics. Cette approche permet, aussi, de mettre en symbiose les dimensions internes et externes des choix stratégiques du pays, en rendant ces derniers complémentaires et interdépendants.

Disposant d'une compétence dans le domaine de l'analyse des concepts émergents, l'IRES s'est rapproché du cabinet Goodwill-management pour procéder, selon une approche collaborative, à l'évaluation de la richesse globale du Maroc et de son capital immatériel pour la période 1998-2013 et ce, selon :

  • La méthode de la Banque Mondiale, à laquelle, des correctifs ont été introduits afin de tenir compte des spécificités du Royaume.
  • La méthode dénommée "Thésaurus-Bercy-Territoires" qui est utilisée généralement pour évaluer le capital immatériel des entreprises et qui a été déclinée, récemment, sur le plan territorial.
Dernière mise à jour : 18-02-2016

Cette évaluation a fait l’objet d’un rapport exploratoire, réalisé par le cabinet Goodwill-management et remis à l’IRES, fin décembre 2014. Elle a été complétée par l’IRES par une analyse fine de l’évolution de chacune des composantes de la richesse globale et par la formulation de propositions de politiques publiques, relatives aux différentes dimensions du capital immatériel.

Le rapport stratégique, élaboré par l’IRES sur le capital immatériel en mai 2015, a mis en évidence les nœuds gordiens, auxquels les pouvoirs publics devraient s’intéresser, en priorité, afin de permettre au Maroc d’améliorer le bien-être de ses citoyens et d’accéder, à terme, au rang de pays émergents et a fait des propositions afin d’intégrer le concept de capital immatériel dans la conception et la mise en œuvre des politiques publiques. Dans le cadre de sa contribution à la vulgarisation du concept du capital immatériel, l’IRES a tenu plusieurs rencontres au siège de l’Institut et animé des conférences organisées par des institutions nationales autour de ce thème.

Dans le but d’approfondir davantage la réflexion autour du capital immatériel et après avoir réalisé, en 2011, une étude sur le capital humain et tout un programme d’études sur le lien social (y compris la dimension capital social), l’IRES s’est intéressé aux autres composantes de la richesse immatérielle. A cet effet, l’Institut a réalisé, en 2015, deux études concernant le capital institutionnel. La première étude, intitulée “La réputation du Maroc dans le monde”, est consacrée à l’examen de la réputation du Royaume dans les pays du G-8 et dans dix pays développés ou émergents à fort potentiel. La seconde étude est relative à la marque Maroc.